Les Marques politiques

À l’unisson de toutes Marques, celles des partis politiques se caractérisent par leur présence et leur taux de pénétration dans la société. Elles s’expriment dans un espace laïque1 et républicain. Elles s’emploient à entendre, décrypter, analyser, capter et porter l’opinion des communautés ainsi que les attentes des électeurs mais aussi à appuyer ou contester les lois du gouvernement. Véritables machines électorales elles diffusent leurs idées, voire leur idéologie associée à un programme d’action dont la stratégie a pour fin le pouvoir. Ce pouvoir est représenté par un chef qui décide et répond au besoin d’autorité des citoyens. À cette verticalité du pouvoir s’oppose l’horizontalité de la participation.
On notera qu’en ce début du XXIe siècle la plupart des idées émergent des milieux universitaires, associatifs : think tank, syndicats, ONG…

La crise de la forme parti

Le Gouvernement rencontre de nombreux événements contingents tout au long de son mandat. Malheureusement, nos institutions peinent à traduire de manière légitime, crédible et acceptable par tous, l’opinion des citoyens ainsi qu’à organiser des politiques publiques qui satisfassent à la fois la communauté et le particulier. Ainsi, les individus en sont venus à préférer la rue comme terrain d’action au choix que leur offre les urnes pour faire aboutir leurs revendications.

On n’adhère plus à des partis mais à des ONG.

Le nombre des adhérents et des militants des partis politiques diminue tandis que leur moyenne d’âge vieillit. Dans un pays comme la France le scrutin majoritaire à deux tours contraint les partis à s’unir en recherchant des compromis pour acquérir ou se maintenir au pouvoir.
On notera l’ancienneté des partis politiques anglo-saxons qui s’inscrivent dans la durée (voir ci-dessous les tableaux) face aux partis politiques français dont la naissance et la durée de vie sous le même nom n’excèdent guère une ou deux générations. Les Français on même élu un Président de la République qui créa son propre parti (En marche) pour la circonstance. Ce phénomène n’est pas unique il s’est reproduit dans l’opposition (La France insoumise). C’est dire le doute qu’éprouvent les citoyens envers la capacité des partis historiques à impulser des réformes.

Existe-t-il une alternative à la forme parti ?

Les citoyens n’adhèrent plus au “parti” mais à un “mouvement”.  On n’est plus ni de droite ni de gauche mais progressiste ou conservateur, voire libéral, parmi lesquels il ne faudrait pas confondre les libéraux culturels avec les libéraux économiques2 sans parler de leurs opposants les antilibéraux culturels et les antilibéraux économiques.

« [ …] le libéral, qu’il faut distinguer de l’anarchiste, soutient que la seule absence de contrainte ne donne pas la liberté à une société volontairement constituée, qu’elle ne fait qu’inaugurer une lutte compétitive (competitive struggle) dans laquelle ceux qui sont sans pitié exploiteront les autres ».

Lippmann3, citation extraite du livre de Barbara Stiegler « « Il faut s’adapter ». Sur un nouvel impératif politique », paru dans la collection nrf essais Gallimard.

Peut-on, dans ces conditions, envisager une nouvelle approche pour faire de la politique alors que les partis de droite et de gauche ont incarné le clivage économique et social de la population depuis la révolution industrielle avec laquelle naquit le syndicalisme et se développa le capitalisme à la fin du XIXe siècle. D’autres auront parlé d’une troisième voie(x) avec l’écologie politique qui date du début des années 70 (1970) avec comme figures “emblématiques”, Herbert Marcuse et André Gorz. Celle-ci n’a jamais réussi à trouver une assise dans le public qui lui préfère la problématique du pouvoir d’achat.

Le personnel politique des partis

Les élus des Marques politiques ont un rapport fort à l’élection, ils sont en représentation direct avec la nation. Les hommes et les femmes qui les composent sont devenus des professionnels de la politique et peu représentent la diversité sociale. Leur langage se construit autour de généralités.

Les politiciens sont-ils là pour remplacer Dieu ?

Peu d’entre eux possède une expérience professionnelle dans l’entreprise privée qui ne soit pas celle d’une entreprise dans laquelle l’État détienne une participation, sans parler de ceux qui ont toujours vécu sous les toits des partis politiques ou des administrations. S’ils sont de remarquables candidats, voire compétiteurs ils peuvent s’avérer être de médiocre gouvernants. Bien qu’animés d’une conscience individuelle ils votent le plus souvent selon les consignes de leur parti, quant à leur comportement de rentier il n’encourage pas l’émergence de nouvelles formes de participation citoyenne.

La Rue au pouvoir… l’espace et le temps d’une manifestation

On descend dans la rue parce que l’on prend la démocratie au sérieux et qu’on a le sentiment de ne pas être entendu. On y exprime son impatience avec enthousiasme, violence parfois. D’ailleurs, la Rue n’est pas en soi productrice de bienveillance, de progrès et de respect de l’autre. Elle est la manifestation d’un symptôme sans en être la solution, mais qui apparaît nécessaire à la société pour se construire différemment. En cela, la Rue est un geste d’exigence politique.

Objectif : améliorer les institutions démocratiques

La démocratie est un aménagement entre les citoyens et le pouvoir adossé à la puissance. Dans le contexte qui est le nôtre on s’aperçoit que la participation des citoyens pèse peu dans le choix des lois et leurs contenus alors qu’ils souhaiteraient être consultés sur les politiques qui les affectent. Dès lors, qui peut le mieux assumer la charge de prendre les décisions publiques majeures affectant le peuple au nom de celui-ci si l’on ne veut pas s’en remettre au seul pouvoir des experts ?

Les citoyens sont plus intéressés par la question de l’indépendance individuelle que par celle de la participation politique au point qu’elle provoque une désaffection pour cette dernière.

Face à la réduction de la démocratie au simple comptage des voix et à la sanction du nombre, des décisions plus légitimes pourraient émerger lors de débats médiatisés présentant les enjeux où s’exprimeraient des arguments contradictoires dont l’issue serait sanctionnée par un vote populaire.
Lien : Les élections en France

Démocratie et rationalité

La démocratie et la rationalité sont conjointes. Pourtant, peut-on continuer de soutenir que les propositions des partis politiques sont rationnelles quand leurs propos sont mensongers et qu’ils affaiblissent la rationalité mettant en danger la démocratie ? Dans ce contexte, au nom de quoi les partis politiques sollicitent-ils notre adhésion et notre engagement ?

Royaume-Uni (les trois principaux partis)Dates de création
Conservatives1830
Labour1900
LIBERAL DEMOCRATS1988
Etats-Unis d’Amérique (les deux principaux partis)
DEMOCRATS1792
GOP Republican Party, Grand Old Party1856

1/ La laïcité en France s’est faite contre l’église.
Observatoire de la laïcité

2/ Le libéralisme économique encourage l’individu à se prendre en charge. Pragmatique, il fluidifie le marché, produit de la richesse et abandonne les Idées à la société civile. Le républicanisme quant à lui s’écarte de cette doctrine en considérant l’État comme un espace où l’on réfléchit et dégage l’intérêt général.
3/ Les historiens datent l’avènement du néo-libéralisme du colloque Walter Lippmann qui s’est tenu en 1938.

Mise à jour : 26 novembre 2022